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Saint Mesmin, un village des gorges de l'Auvézère

Au détour d'une boucle de l'Auvézère, rivé aux rochers, se détache le bourg, blotti autour de son église, construite sur un oratoire datant du Vème siècle. Cette église dédiée à Saint Maximin fut bâtie au XVème siècle, avec un clocher-mur à la silhouette massive, dont le pignon triangulaire est percé de deux baies campanaires en plein-cintre. L'édifice abrite un magnifique retable, classé au patrimoine de France, et une curiosité, une Vierge noire, tous deux du XVIIème siècle. Plus secret, un temple, installé à une époque indéterminée, abrita jusqu'à la fin du 19ème siècle un pasteur et son harmonium. 

 

Le point de vue en dessous de l'église plonge, à l'ouest, dans une forêt de verdure où serpente l'Auvézère. Sur le versant opposé, semblant inaccessible, les fermes du hameau de la Béchadie exhaussent leurs toitures pentues à l'aplomb des gorges. Au bout du hameau, le "Roc Pointu" ou "Roc Blanc", offre une vision grandiose sur la vallée. A l'opposé, le hameau de Charoncle, grisâtre comme une ancienne carte postale, dégage la plus expressive des vues sur Saint Mesmin. 

 

En quittant La Béchadie (où se trouve une maison bourgeoise avec un tombeau), un sentier pédestre nous conduit jusqu'à une passerelle nous permettant de franchir l'Auvézère. Nous y trouvons en aval un petit ruisseau parfois capricieux, le "Gabourat". A la Clautre, lors de la construction d'une grange, des restants de murs et des ossements ont été découverts, certainement en provenance d'un ancien cloître. 

 

A Veaupeytourie, sur le plateau dominant la rive droite de l'Auvézère, des fouilles ont eu lieu vers 1960 sur l'initiative de l'Abbé Gallice. Elles ont été rapidement abandonnées, faute de moyens. C'est à cet endroit que l'on peut apercevoir, au petit matin, des mouflons ( un troupeau d'une trentaine de bêtes a élu domicile dans les gorges de l'Auvézère, où ils cohabitent avec les sangliers, les cerfs, les chevreuils, les blaireaux, les renards, ...).  L'occupation des lieux, ancienne, remonte à l'époque gallo-romaine, comme en attestent les traces d'une villa. Ce site mériterait sans doute des investigations archéologiques plus poussées.

 

Veaupeytourie fut plus tard le témoin de luttes entre les partisans du Roi de France et ceux du Roi d'Angleterre, au cours des deux guerres de Cent Ans (XIIème - XIIIème siècles, et XIVème - XVème siècles). En effet, selon certains écrits détenus par la bibliothèque de Savignac-Lédrier, à la fin du XIème siècle, à l'emplacement actuel du hameau, se tenait la ville de Brant, forte de plusieurs centaines d'habitants, avec son église dont les fondations sont encore visibles sur le plateau de Veaupeytourie. Des traces de l'ancien cimetière de cette ville sont encore visibles à droite de la route qui relie Veaupeytourie et le château de Savignac-Lédrier. Cette ville fut entièrement détruite par les Anglais à la fin du XIIème siècle. 

 

Dans le village de Veaupeutourie subsistent encore deux maisons du XVIIème siècle, dont la cave voûtée de l'une serait reliée par un tunnel souterrain au château de Savignac-Lédrier. A deux pas de là, la capricieuse rivière Auvézère creuse son lit à plus de 100 mètres en dessous des plateaux qui la surplombent. Elle offre un paysage animé de cascades, de tourbillons, et se jette contre les rochers dans un bruit assourdissant, qu'elle dévale à grand renfort de jets d'eau. C'est ici que les kayakistes viennent s'entraîner en vue des compétitions nationales. C'est là que l'on trouve le Saut Ruban,  chute mythique de l'Auvézère, à la profondeur insondée... Juste à côté de la cascade se trouve une petite passerelle suspendue, aujourd'hui partiellement détruite.  A partir du bourg, on accède au Saut Ruban par un sentier escarpé qui serpente dans les bois. On y  rencontre de petites plate-formes qui ne sont autres que d'anciennes charbonnières. 

 

Du pont qui enjambre l'Auvézère et où se blottit le moulin à eau, se trouve un autre sentier qui grimpe dans les bosquets sur la rive droite, offrant progressivement une vue superbe sur le pont et la rivière. C'est par ce sentier que les habitants de Veaupeytourie descendaient autrefois pour aller au bourg. Le promeneur parcourt à pied, à cheval ou à vélo, les sentiers et les petites routes qui sillonnent la campagne. 

 

Le moulin à eau, situé sur l'Auvézère entre le bourg et Charoncle est une ancienne minoterie qui fonctionnait avec des turbines hydrauliques. il a été transformé en micro-centrale électrique pour les besoins domestiques et touristiques. Les nouveaux propriétaires vous feront la visite guidée des installations. Pour vos vacances, ils disposent d'un gîte avec piscine. 

 

A l'opposé, bien caché et presque ignoré, se trouve "Les Jarthes". Nous y trouvons une très grande exploitation, à cheval sur la limite des communes de Saint Mesmin et de Juillac, et des départements de la Dordogne et de la Corrèze. Avant d'y arriver, vous trouverez un joli petit étang où de nombreux oiseaux, notamment des cormorans, des hérons, viennent chercher leur nourriture. 

 

Dans un coin propice au calme et à la méditation se trouve une table d'orientation, édifiée en 1993, et une petite chapelle: c'est la colline du Puy des Ages, qui est le point le plus haut de la commune. Massif de Quartzite, traversé de nombreux filons de quartz, recouvert de bruyères contrastant avec les prairies et les bois environnants. On peut y écouter l'alouette ou le pipit des champs, ou bien encore observer le le vol du busard Saint-Martin ou le passage des palombes. Attention: l'équilibre de ce site reste fragile. Il faut respecter la faune et la flore. 

 

Sur ce morceau de landes, acquis par le foyer Saint Joseph de Payzac, a été construite cette chapelle dédiée à Notre Dame de Partout, la Vierge Marie, en 1958, année du 100ème anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirou, à Lourdes (11 février 1958). Ce petit sanctuaire a été solennellement béni et offert au culte le 22 juillet 1958 par Mgr Georges Louis, Evêque de Périgueux. Un pélerinage annuel a lieu le premier dimanche de septembre. 

 

Une autre curiosité de Saint Mesmin, accessible uniquement à pied et au prix de beaucoup d'efforts, est une petite grotte surnommée "la maison dring-dring", située dans les gorges. Elle servait il y a quelques années de lieu de rendez-vous pour les jeunes du village. 

 

Installé dans le très beau cadre d'un ancien presbytère du XVIIIème siècle, le Relais Nature accueille tous les passionnés de randonnée, d'escalade ou de canoë-kayak. C'est dans sa grande salle qu'ont lieu les repas des Anciens ou de la chasse. Une tête sculptée orne sa façade, qui, dit-on, provient de l'ancien bâtiment religieux de "l'Abbaye", à la limite de la commune. Le village abrite plusieurs gîtes destinés aux vacanciers: le gîte communal sur la place de l'église, au Moulin de Saint Mesmin, à charoncle et à la Ferme équestre de Pétrus, à Veaupeytourie, où Dominique et Patrick font découvrir aux passionnés de cheval tous les sentiers qui sillonnent la commune. Quant aux propriétaires de chevaux qui cherchent soit un hébergement, soit des pâturages, Jean-Claude Bourgoin et Monique Bouchaud du GFA des Ages peuvent leur donner satisfaction. 

 

Dispersés dans les petits hameaux éparpillés sur la commune, la majorité des habitants de Saint Mesmin - que nous nommerons "les Saint-Mesminois et les Saint-Mesminoises" - sont nés, ont grandi et ont vécu toute leur vie dans ce village ou ses environs. Tous se connaissent et s'entraident. Leur accueil, serviabilité et gentillesse sont, dit-on, sans égal. Saint Mesmin est un village où l'on se sent bien, et où l'on a envie de rester. 

 

Saint Mesmin, c'est aussi le paradis des pêcheurs et des chasseurs, en étang ou en rivière, en plaine ou en forêt, et pour les amateurs de randonnée ou de promenades équestres, de nombreux sentiers sont disponibles. Vous l'aurez sans doute compris, Saint Mesmin est le lieu idéal pour des vacances "vertes"... Avec dynamisme, Saint Mesmin sait exploiter ses atouts: eaux, forêts, rochers. 

 

Le château de Brussy (xvème - xviième siècles) mérite également d'être signalé. Cette demeure fut celle d'une branche de la famille Pasquet, originaire du Limousin, dont on retrouve les traces en 1400, et qui, une fois enrichie par ses investissements dans la sidérurgie (en particulier à Savignac-Lédrier), réussit à se faire admettre dans la noblesse locale. Elle a laissé ses armoiries sur le fronton de la façade de style classique: d'Azur à un cerf d'or nageant dans des ondes d'argent. La famille Lamberterie, qui habitait le château de Brussy, était propriétaire sur la commune de plus de 500 has d'un seul tenant. La limite de la propriété se situait sur la crête de la colline ! Pour symboliser sa religion et sa puissance, par rapport aux paysans, elle avait fait implanter vers la fin du XIXème siècle une croix à l'une des extrémités de ses biens, qui était le point culminant de la commune. La croix originale a bravé les caprices du ciel pendant plus de 50 ans, et elle aurait sans doute tenu davantage si un incendie, qui a embrasé une partie de la colline peu après la dernière guerre, n'en avait fait sa proie. Celle qui lui a succédé a eu un règne moins long; la qualité de son bois ne lui a permis de vivre qu'une quarantaine d'années, mais elle a eu l'avantage d'être réconfortée dans sa solitude par la naissance en 1956 de cette petite chapelle que nous devons à l'Abbé Gallice, à l'époque curé de Payzac. Celle qui se dresse actuellement en est le 3ème exemplaire. 

 

Il y a une vingtaine d’années, entre 1985 et 1990, un film a été tourné au château de Brussy : « Promenade d’été », de René Feret. Ce fut un grand chambardement dans le village ; tous ces gens étaient logés dans les quelques chambres d’hôtels qui existaient à l’époque dans les communes alentour, et nombreux étaient ceux qui avaient loué les habitations des villageois. La population de Saint Mesmin avait quasiment doublé pendant cette période. Le château avait presque retrouvé sa splendeur d’antan… Beaucoup d’habitants du village participèrent à ce tournage, soit comme figurants, soit comme gardiens, comme fournisseurs ou guides. Le tournage dura plusieurs mois, puis tout redevint comme avant. Le château déserté retourna dans l’oubli. La végétation a repris le dessus, et il ne sert plus aujourd’hui que de remise à grain ou de refuge pour les poules. La tempête de 1999, enfin, lui a porté un coup fatal, une partie de sa toiture a été arrachée, et une de ses tours s’est écroulée. Même le blason de la famille Pasquet vient d’être repris à son compte par une commune voisine. 

 

Depuis quelques années Saint Mesmin héberge, au lieu dit « Lavaurie », un élevage d’ânesses. Leurs propriétaires, Nelly et Sophia, se servent de leur lait pour fabriquer artisanalement des savons, vendus directement à l’élevage ou encore dans les foires et marchés de producteurs de la région.  

 

A la ferme de « Mont cocu », où existait autrefois un moulin que les moines du Dalon s’étaient attribué, c’est Colette qui élève et gave des canards pour produire de délicieux foies gras. Sa mère, Madeleine, que vous trouverez toujours au fourneau, compose avec goût et minutie de jolis tableaux en fleurs séchées.  

 

Au lieu dit « Les Monts », tout près de la colline des Ages, Nadia élève ses chèvres et fabrique de bons fromages qu’elle vend sur les marchés fermiers des environs. 

 

Saint Mesmin abrite des personnages hauts en couleurs, connus dans tout le canton, vieux garçons sympathiques qui vivent comme dans l’ancien temps, entourés des poules et des lapins. Vous pouvez aussi rencontrer, au hasard des chemins, perché sur son vieux zetor (tracteur), un homme âgé de 87 ans, qui possède encore aujourd’hui son troupeau d’une dizaine de vaches, dont il est fier de s’occuper lui-même. Si vous entrez dans une ferme des environs, on vous fera goûter, selon l’heure, aux apéritifs faits maison : vin de noix ou à base d’épines de buisson, ou encore la goutte à la prune, à la poire, ou à base de raisin…  

 

Un peu d'histoire...

Présentation de la commune de Saint Mesmin

Légendes, us et coutumes de Saint Mesmin

Site de la commune de Saint Mesmin

Blog de la commune de Saint Mesmin

 

 





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